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Les OGM sont nocifs? Quelques raisons d’être sceptiques.

Par | Catégorie: Biologie, Décryptage | Le 20 sept 2012
nouvelobs

Quelques semaines après les révélations des résultats du projet ENCODE, une nouvelle scientifique vient de nouveau faire les gros titres de la presse francophone et internationale. En effet, cette semaine, Le Nouvel Observateur a révélé, à force de gros titres, les résultats d’une (oui une seule) étude scientifique mettant en cause l’effet de la consommation d’OGM sur la santé (voir image de droite). Le résultat ne s’est pas fait attendre et l’information était reprise par les médias de tout horizons. Mais, rapidement, aux levées de boucliers des anti-OGMs répondaient celles de différents scientifiques mettant en cause la qualité et l’objectivité de l’étude et notamment de certains de ses auteurs. Petit florilège.

Petit rappel des faits: une équipe de chercheurs français, conduite par le controversé Gilles-Eric Séralini, vient de publier un article scientifique (accès payant, on ne va pas mettre une découverte si importante pour la santé publique accessible à tous tout de même) dont les conclusions indiquent que les rats consommant du maïs Monsanto (semence NK 603) avec ou sans désherbant RoundUp (du même fabriquant) ont plus de chances de développer des tumeurs que les autres rats sur le long terme.

Un embargo douteux.

Les embargos existent depuis longtemps en sciences. La règle est simple, on fournit l’article scientifique avant sa publication officielle afin que les journaux traditionnels puissent le discuter le jour même de sa sortie tout en ayant eu le temps de préparer leur papier. Problème ici: l’embargo ne touchait que certains journaux dont le Nouvel Obs. D’autres journaux tels que le Monde ou le Figaro n’ont pas eu accès à cet article avant sa publication. Du coup, le Nouvel Obs a pu se targuer d’un article estampillé « Exclusif », sans critique scientifique. L’effet d’annonce passé, les autres journaux peuvent alors essayer de proposer une analyse plus profonde. Il reste probable que de nombreux lecteurs n’iront pas chercher d’eux même des informations complémentaires via d’autres sources, le buzz est déjà passé… Commode aussi, Monsanto, principal inculpé dans ce procès public à charge n’a pas pu lire cet article non plus et donc pas pu réagir publiquement faute d’avoir accès aux données de l’étude.

Une impartialité en question.

Lorsque l’on s’attaque à des sujets autant sujets à controverse que les OGM mieux vaut il être d’une impartialité irréprochable. C’est une raison pour lesquelles il est raisonnable d’être critique quant aux dires des entreprises (telles que Monsanto dont les plants ont été testés dans cette étude) vendant ledit produit. Mais alors que penser des auteurs d’une étude qui, en même temps qu’ils publient leurs résultats, font la promotion d’un livre et d’un documentaire à charge contre les OGMs. Certainement que, comme stipulé dans l’article qu’ils ont publié et selon la formule consacrée, ils ne déclarent « aucun conflit d’intérêt ».

Des rats propices à développer des tumeurs.

Comme relevé par ce très bon billet (en anglais), les souches de rats utilisées (Sprague Dawley) pour cette étude ont une forte propension à développer des tumeurs de manière spontanée, notamment en cas d’absence de contrôle de nourriture ingurgitée (comme l’étude en question). Il a depuis longtemps été reporté que sur une période de deux ans (comme l’étude de Séralini et collègues) et sans traitement particulier, 72 à 86% des rats développent une tumeur. De manière intrigante, les photos publiées dans l’article de Séralini et par les médias sont toutes celles de rats ayant consommé du maïs transgénique et/ou du désherbant. Nulle photo de rats témoins qui ont, selon les résultats d’autres études, une très forte probabilité d’avoir aussi développé des tumeurs.

Un décryptage d’article enrichissant.

La lecture de l’article est aussi enrichissante. Dès la première phrase les auteurs annoncent qu’il y a actuellement un débat international sur la nocivité des OGM lorsqu’ils sont consommés. Pour étayer ces propos ils font référence à… un seul article publié par… ces mêmes auteurs. Certainement de quoi se faire une idée objective du fameux débat. L’article cité propose une revue de différents autres articles et en conclut que la consommation de plants génétiquement modifiés peut être nocive. Peut être aurait it été honnête d’aussi citer une autre revue du même genre (accès payant) aux conclusions… exactement opposées.
La controverse est ensuite détaillée, citant ce coup ci les deux points de vue. Certaines études n’ont pas trouvé de nocivité à la consommation d’OGMs, d’autres si. Seul hic, sur les 10 études mettant en cause les effets des OGMs sur la santé, 9 d’entre elles ont été réalisées par les mêmes auteurs. Seuls contre tous?
Enfin, l’article pourtant porteur de conclusions très fortes quant à l’intérêt général, est publié dans un journal d’impact très faible (impact factor de 3 pour ceux à qui cela parle). Je ne dis pas que les articles publiés dans ce journal sont mauvais ou faux, je suis sur que certains sont même très bons dans des domaines extrêmement précis. Cependant, il est étrange que des scientifiques ne veulent pas donner un très fort impact à leur découverte importante en visant des journaux plus prestigieux. Ces journaux sont aussi plus intransigeants sur la qualité des analyses effectuées (malgré quelques couacs comme les bactéries à l’arsenic). Mais peut être les auteurs préféraient viser les médias grand public plutôt que la crème des éditeurs scientifiques.

Des questionnements quant aux méthodes et statistiques utilisées.

La manière dont les résultats ont été traités a elle aussi été fortement critiquée par différents scientifiques. Par exemple, cet article (en anglais) compile un ensemble de réactions de la communauté scientifique. En vrac, on peut y lire « les auteurs ne suggèrent pas que les effects sont causés par les modifications génétiques« , « les auteurs ont ils fait des statistiques sur leurs données? » ou encore « pour être honnête je suis surpris que cela ait été accepté pour être publié« . Les réactions du genre sont nombreuses (exemples: 1,2,3) et mettent souvent en cause la faiblesse (ou absence) des analyses statistiques mais soulignent aussi que le peu d’animaux utilisé fait que les observations peuvent totalement être dues au hasard (démonstration à l’appui).

Un article et c’est tout.

La science est un processus long fait d’observations, d’erreurs, de succès et, au final, de théories communément admises. Ainsi, le résultat d’une étude ne suffit généralement pas à établir une vérité. Pour cela, il faut de la maturation et que les expériences puissent être indépendamment reproduites avec succès. Pour l’instant on en est qu’à la première étape: une étude controversée. Pour l’invalider ou la confirmer il faudra bien plus de travail. Bien plus de temps sera nécessaire pour finalement dire si oui ou non cette étude était vraie ou si elle a été mal conduite et donc que les conclusions avancées sont en partie ou totalement erronés. L’erreur n’est pas un échec en soi, cela fait avancer le débat scientifique et tout chercheur est en mesure d’en effectuer. Cela m’est même peut être arrivé sans le savoir, l’avenir me le dira. Ce qui reste cependant un problème est de faire des gros titres alarmants sur le résultat d’une seule étude. Cela est beaucoup plus évitable est n’est pas sans conséquence sur l’opinion publique.

Du showbiz scientifique

Comme vous le voyez, de nombreuses questions viennent mettre en doute l’objectivité et la robustesse des résultats annoncés. Je ne dis pas que cette étude est entièrement fausse ou pipée, seulement que le contexte de l’étude, le protocole expérimental et les résultats présentés ne donnent que peu de poids aux conclusions avancées. Selon l’expression consacrée « De fortes affirmations nécessitent de fortes preuves ». Ici, autant l’affirmation est forte, autant les preuves le sont bien moins. Cependant, je pense que les auteurs ont malgré tout réussi leur coup médiatique. Les médias généralistes ont (pour la plupart) fait le travail que l’on attendait d’eux à savoir mal faire le travail. La nouvelle a été reprise telle quelle sans expertise scientifique, sans recul et avec sensationnalisme. Le tout avant que l’article soit disponible pour tous. Le grand public a été touché rapidement et seule une infime portion des lecteurs iront chercher des informations complémentaires qui, force des choses, n’auront pu venir que plus tard. Et il est généralement plus rapide de faire passer une information fausse que de rétablir une vérité après coup. Et en plus, on nous vend en surcouche un film et un livre à venir. Ce n’est plus de la science mais du showbiz.

Petite mise au point pour anticiper les potentiels commentaires pouvant mettre en doute mon objectivité: je ne suis ni anti ni pro-OGM, seulement un scientifique qui sait plus ou moins comment doit se dérouler la recherche scientifique et comment devrait se dérouler la communication scientifique. Je n’ai que peu de preuves définitives sur la nocivité ou non des OGM pour la santé et serai ravi d’en avoir des plus solides. Cependant, je crois que je vais devoir me résoudre à attendre d’autres études que celles ci pour avoir plus de certitudes…

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21 commentaires »

  1. Que des gens fassent de la mauvaise science, ça ne me surprend pas tant que ça. J’ai été par contre choqué d’entendre parler récemment de vieilles histoires que je ne connaissais pas, où un scientifique ayant fait des études controversées sur les OGM a été censuré par les lobbys de l’agroalimentaire et son gouvernement : http://en.wikipedia.org/wiki/Pusztai_affair

    Un commentaire très intéressant sur les OGM sur reddit :
    http://www.reddit.com/r/worldnews/comments/1007m0/france_says_no_to_genetically_modified_crops_no/c69cbfj

  2. [...] Edit : d’autres (personnes sérieuses) confirment ce que je vous dis sur newscientist.com, sciencesetavenir.nouvelobs.com, sciencemediacentre.org, futura-sciences.com, slate.fr, biopsci.com, … [...]

  3. [...] à voir, mais allez lire l’excellent commentaire de Philippe Julien sur l’étude récente sur les rats mangeurs [...]

  4. Merci pour l’article, c’est exactement ce genre d’article que j’attendais pour pouvoir faire circuler à mes connaissances (trop fainéant pour le faire moi-même :) ). Pas partisant non plus, mais comme vous, ‘je crois que je vais devoir me résoudre à attendre d’autres études que celles ci pour avoir plus de certitudes…’

  5. Euh, vos arguments ressemblent tellement à ceux des lobbyistes pro OGM (semons le doute, jetons le discrédit, tant qu’il n’y a pas de certitude, nous pourrons nous défendre) qu’ils me semblent bien plus suspects que les arguments de l’étude.
    Je conseille à vos lecteurs de lire plutôt ceci, qui répond point par point à chacun de vos doutes :
    http://www.rue89.com/rue89-planete/2012/09/21/tumeurs-sur-des-rats-les-reponses-vos-questions-sur-les-ogm-235507

  6. Cher André,

    merci d’essayer de jeter le discrédit sur cet article. =)

    je vous rassure (libre à vous de me croire) je n’ai aucun lien avec un quelconque lobby pro OGM. Cet article peut paraitre à charge (et l’est en partie je l’accorde) tout simplement car j’ai trouvé la qualité de cette étude inversement proportionnelle aux aspirations médiatiques de ses auteurs. Mais pour avouer le tout je suis partisan: je milite contre la science mal faite et surtout mal communiquée.

    Aussi (comme déjà précisé) je serai le premier content si cette étude est répétée plusieurs fois, quelles qu’en soient les conclusions. Tout simplement pour avoir des preuves solides quant à la nocivité des OGM, bien plus solides que celles présentées par Mr. Séralini et ses collègues.

    Et puis qu’on en est à l’échange liens, sentez vous libre de lire cet article très intéressant aussi:
    http://mobile.letemps.ch/Page/Uuid/1a24c98c-0361-11e2-bebe-bd8d72337f88/Un_coup_m%C3%A9diatique

  7. Et puis, à moins que vous ne doutiez de l’impartialité d’un journal comme le Monde, vous pouvez aussi lire cet article qui résume assez bien la situation:

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/09/21/le-mais-les-rats-et-l-urgence-de-l-expertise_1763650_3244.html#ens_id=1762251&

  8. Bonjour,

    @philippe julien
    Ce que je trouve hallucinant dans votre position un peu moraliste (la bonne et la mauvaise science, on se demande selon quel critère… de l’aeres j’imagine, mouahahhaha… non, je déconne), c’est qu’à priori, en science, il suffit d’avoir un contre exemple pour foutre une théorie à la poubelle. La théorie en question est simple et n’est pas celle de Séralini justement : faire des tests sur le mêmes rats que ceux de Séralini pendant 3 mois prouve l’innocuité de l’ingestion d’OGM… ça, c’est l’avis de monsanto et des agences de sécurité alimentaire. En clair, Séralini place un point qui n’est pas sur la courbe « normale », bornée dans le temps. Alors certes, on peut dire qu’il faut refaire les expériences… pour être certain, ne pas tomber sur un artefact statistique ! chiche !! c’est exactement ce qu’il faut faire, ça nous changera des 3 mois habituels

    Pour continuer, votre vision de la science ne prenant pas en compte les impacts sanitaires, sociétaux, économiques de telles études me laissent circonspects. Nous sommes abreuvés d’étude disant que les ogm, c’est bon… où est votre esprit critique dans ce cas ? dont vient le « consensus » ? qui fait les études ? qui les finance ? quel est l’intérêt des chercheurs qui perçoivent de moins en moins de ressources récurrentes ? la côté scientifique planqué, en dehors du champ politique me lasse. Nous ne sommes pas en dehors, nous sommes partis prenantes. Nous aimerions bien être en dehors, pour certain, même au-dessus (toujours la distinction de l’élite, de l’excellence…), ce serait confortable… comme en sciences humaines, la neutralité est un mythe : au moins chez eux, ils l’ont compris il y a longtemps…

    Concernant votre article du monde, on ne sait pas qui l’écrit… d’où il parle, sa culture, etc et depuis quand un journaliste est impartial ?

  9. Cet autre article paru hier résume aussi les (nombreuses) objections que soulève l’étude Séralini: http://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/2012/09/20/letude-anti-ogm-syndrome-recherche-unique

  10. Je partage complètement l’analyse de l’article.

    Il y a bien une photo de rat de l’échantillon témoin (celle de droite de la série de trois, avec comme légende « 9202 R »). A noter qu’il est complètement contraire à l’éthique de ce test de développer à ce point les tumeurs sur les animaux. La règle veut qu’on les euthanasie bien avant pour éviter de les faire souffrir inutilement. Evidemment ça aurait été moins photogénique…

    Sur la validité statistique: l’échantillon témoin est de 20 rats seulement et la taille de chaque groupe est de 20 à 50: trop petit pour en tirer des conclusions valides. D’ailleurs on observe la même prévalence de tumeurs que les doses d’OGM soient petites ou très grandes, ce qui semble contradictoire avec un effet cancérigène dudit OGM.

    Ce qui m’a surtout choqué dans cette histoire et quelle qu’en soit l’issue, c’est que le Nouvel Obs que je considère pourtant comme un journal sérieux, n’ait pas eu le moindre regard critique sur cette expérience, en demandant l’avis d’un scientifique ou d’un expert du sujet. Aucun recul, aucune nuance et un titre outrageusement racoleur (« LES OGM sont un poison », comme si on pouvait tous les mettre dans le même panier avec une seule étude sur un seul OGM): on se croirait devant un tabloïd anglais…

  11. [...] a d’autres lacunes, déjà soulignées par d’autres; celles qui m’embêtent le plus sont le manque de détails sur le maïs [...]

  12. [...] cette question que par une lunette idéologique (genre commentaires sur Passeur de sciences ou sur Biopsi), il y a une raison pour laquelle plein de scientifiques sont fachés avec cet article : [...]

  13. @Steph
    « à priori, en science, il suffit d’avoir un contre exemple pour foutre une théorie à la poubelle. »
    Ceci est valide pour des sciences exactes telles que les mathématiques, où un contre-exemple suffit en effet à invalider une théorie. Cependant dans des sciences dites non exactes, où l’on se base sur des expériences, cette affirmation n’est plus vraie, car lesdites expériences reposent sur de nombreux facteurs (dont le très gênant hasard, mais aussi approximations dans les mesures, erreurs de paramétrages…) qui faussent les résultats. Aussi, « une fois c’est du hasard, deux fois c’est de la chance, trois fois c’est validé ». Je vous redonnerai en exemple le récent « incident » de la fameuse particule qui aurait dépassée la vitesse de la lumière, rendant ainsi bancale toute la théorie d’Einstein. La presse s’en est emparée alors qu’il semblerait que ce soit finalement une infime erreur de mesure (si je me rappelle bien…)

    Pour en revenir à cet article, je suis totalement d’accord avec ces arguments. Non pas que je pense que les OGM soient bons ou mauvais, juste que manifestement ceci a été un buzz médiatique avant d’être un résultat scientifique. Dans le doute, prudence, et je suis pour réguler l’utilisation des OGM avant d’en savoir plus, mais aussi pour prendre avec des pincettes les résultats controversés d’une seule étude.

  14. [...] OGM développaient plus facilement des cancers (voir par exemple sur le c@fé le bacterioblog, mrr, BiopSci, et ailleurs de très bons billets de l’Agence Science Presse). Mais un aspect [...]

  15. [...] les problèmes ici. C’est que c’est fait ailleurs : Tom Roud, Bacterioblog et encore, Philippe Julien, pour ne citer que ceux du C@fé des [...]

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