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Pour vieillir moins vite, préservez vos protéines

Par | Catégorie: Actualité | Le 18 fév 2009

Récemment, je vous parlais de l’hétérocéphale dont les caractéristiques majeures pouvaient se résumer en trois points: c’est un rongeur très laid, vivant en société très organisée et jouissant d’une longévité exceptionnelle (jusqu’à 30 ans).
Cet article avançait notamment que cet animal était de grand intérêt pour les chercheurs, en partie en raison de sa longue vie comparée à ses autres cousins rongeurs (une souris a, par exemple, une espérance de vie de 2 à 3 ans).

Une récente découverte vient illustrer le fait que cet animal a effectivement beaucoup à nous apprendre!

VieillissementCrédit photo: Flecki

Les scientifiques auteurs de cette étude parue dans la revue PNAS ont comparé, à large échelle, la structure des protéines présentes dans des souris et hétérocéphales jeunes et plus âgés. Ils ont alors observé que, chez la souris, la structure des protéines changeait plus entre les individus jeunes et âgés. La découverte était attendue dans la mesure où, entre autres, l’une des explications avancée pour expliquer le vieillissement cellulaire est le fait que les protéines se dégradent et/ou ne sont pas maintenues à leur état physiologique optimal.

En effet, les protéines sont les véritables ouvrières de nos cellules qui assurent une grande partie des tâches nécessaires à leur survie: construire la structure de la cellule, transporter les molécules énergétiques, les utiliser,… Pour ce faire, elles sont amenées à souvent changer de structure afin, entre autre, de pouvoir accomplir des tâches un peu différentes (comme un couteau suisse dont on sortirait un outil différent que celui couramment utilisé). Le retour à la conformation initiale est donc parfois imparfaite ou la protéine peut même se casser. Avec l’âge, les systèmes permettant d’éviter ou réparer ces approximations ou dégradations perdent aussi de leur efficacité, amplifiant alors le phénomène de vieillissement.

Les auteurs de l’étude ont alors fait une autre observation très intéressante: chez l’hétérocéphale la structure des protéines est bien plus conservée entre les individus jeunes et plus âgés. En d’autres mots, les protéines vieillissent moins chez cet animal que chez la souris, pouvant expliquer – en partie – leur longévité bien supérieure.

Cette étude vient donc confirmer l’importance de la conservation de la structure des protéines comme frein au vieillissement.

Des études plus poussées pourront permettre de trouver des solutions biomédicales au vieillissement. Une première piste à explorer est d’identifier les protéines qui, hautement préservées à travers le temps, donnent leur longévité exceptionnelle à l’hétérocéphale. Une seconde approche consisterait à comprendre pourquoi les systèmes contrôlant l’intégralité des protéines et de leur structure deviennent déficient avec le temps dans certaines espèces et pas (ou moins) dans d’autres.

Ces réponses constitueraient certainement une avancée vers le traitement de maladies dégénératives telles que la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson.

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3 commentaires »

  1. BiopSci » Pour vieillir moins vite, préservez vos protéines…

    Des scientifiques ont observé que la bonne préservation des protéines caractérise une espèce de rongeur à la longévité exceptionnelle. Une découverte porteuse d’espoir quant à un possible traitement des maladies dégénratives….

  2. Hypothèse intéressante . Merci.

  3. Un article qui va redorer « les fayos » dans nos assiettes! :-)

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